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Tableau de loge (XIXème siècle)

 

... suite de l'article précédent :

4 - C'est avant tout une démarche initiatique :

"Le sens véritable de la démarche maçonnique est le chemin Initiatique" dit René GUENON.


 Le chemin initiatique (du latin Initium qui signifie : commencement, début) est une quête de sens, un désir de progresser, de comprendre, de jeter un regard nouveau sur le monde et la réalité. Il permet d'agir au-dela des opinions partisanes et des clichés réducteurs. Le chemin initiatique est une manière de penser et de décider par soi-même, de faire ses propres choix, hors des dogmes et des idées toutes faites. Il permet de construire sa propre liberté, sa propre singularité au sein du groupe et de la société. C'est une évolution qui commence au moment de l'initiation et qui se prolonge tout au long de sa vie maçonnique, régulièrement, inexorablement.
 Le cheminement initiatique est individuel et nécessite effort, courage, lutte et persévérance. C'est un parcours dynamique, soutenu par le rituel et la fraternité de la Loge, il nécessite des remises en questions incessantes et emmène vers la recherche d'un équilibre nouveau, partie prenante de l'éveil de la conscience.

la démarche maçonnique, un paradoxe constructif.

L'apprentissage psychomoteur chez le jeune enfant est lent et laborieux. Une année est en principe nécessaire à l'acquisition de la marche. L'enfant découvre alors que pour avancer vers les bras qui lui sont tendus, il va falloir qu'il se risque à un déséquilibre temporaire mais effrayant. La position debout a déjà été laborieuse à acquérir. La marche est une tout autre histoire.
Plus tard, l'homme va s'apercevoir que ce "déséquilibre dynamique" demeure. Toute progression se fait au prix d'une déstabilisation première. Nous restons désespérément passifs si nous n'acceptons pas ce principe qui vaut pour le physique comme pour le mental. De quelqu'un qui ne remet rien en cause ne dit-on pas : qu'il est "ancré dans ses certitudes", qu'il "campe sur ses positions", qu'il a des"idées bien arrêtées" ?
Celui (celle)  qui frappe à la porte d'un Temple doit être avant tout habité par le doute, ce qui le porte naturellement à partir à la recherche de lui-même, des autres et du monde qui l'entoure. C'est cette position de doute - rappel du déséquilibre - qui va lui permettre d'accepter une démarche qui peut paraître, à priori, paradoxale et/ou contradictoire.
La toute première contradiction à laquelle le nouvel initié se trouvera confronté, se situe dans la démarche même, puisqu'il est là pour travailler à son propre perfectionnement. Il est donc question d'une démarche individuelle.Ce perfectionnement là se fera grâce au travail en Loge et avec l'aide des autres membres de la Loge. La dimension devient alors collective. Les termes semblent contradictoires. Il n'y a cependant pas d'opposition entre le travail sur soi et la progression dans la Loge mais, au contraire, complémentarité, renforcement de l'un par l'autre.
La notion de temps peut également paraître déconcertante au nouvel arrivant. Très vite, il réalise qu'il travaille dans un temps "hors du temps", un temps  sacré qui n'a pas d'équivalent dans le monde profane. Ce "décalage" temporel permet d'entraîner l'esprit hors des contingences habituelles donc de le libérer des contraintes qui peuvent limiter ordinairement la réflexion.
Le rituel qui peut paraître figé dans sa forme immuable, permet à chacun de faire le vide en soi-même, de créer cette vacuité nécessaire à une réflexion la plus large possible. Il fait tomber les barrières que la vie sociale amène parfois à construire. Il ouvre, en quelque sorte, les horizons de la connaissance.
La Franc-Maçonnerie n'est alors plus uniquement dans le champ de la raison, parce que le rituel permet qu'adviennent les émotions. l'intuition peut, elle aussi, se donner libre cours et aider à sortir du carcan cartésien.
Rigueur de la forme, liberté de la pensée. Les exemples ne manquent pas pour illustrer ces contradictions. La grande question que pose donc la démarche maçonnique est : Comment s'exerce notre liberté dans un cadre déterminé à l'avance et de quelle liberté s'agit-il ?
J.J. ROUSSEAU dit : "L'obéissance à la loi que l'on s'est prescrite est liberté".
Peut-il y avoir liberté sans un cadre qui structure la pensée ? Cela semble peu probable puisque se sentir libre c'est être soi-même et connaître ses limites même si celles-ci peuvent être repoussées. Cela ne parait possible que quand la réflexion conduit à choisir donc à s'opposer, donc à refuser. La vie est une succession de choix qui impliquent un cadre de référence, sinon, au nom de quoi ces choix s'opéreraient-ils ?
Le cadre que nous propose la démarche maçonnique, parce que elle est clairement choisie, est sans doute le meilleur garant de l'exercice d'une pleine liberté.

III Conclusion : 

Que vient-on chercher en Franc-Maçonnerie sinon la paix intérieure et la sérénité qui permettent de vivre "debout" dans la Loge et au sein de la société. La démarche maçonnique, si elle n'est pas une fin en soi, est un outil qui appelle à la philosophie, à la morale, à la spiritualité  laïque et permet à celui (celle) qui fait le choix de la suivre d'être un humain conscient de lui-même et de sa place dans le monde. C'est peut-être cela qui qualifie l'humanisme tel que les philosophes des lumières pouvaient l'entendre.
Plus il avance en âge maçonnique, plus le Franc-Maçon prend conscience de la difficulté de la démarche proposée. Elle est, en effet, chaotique, douloureuse dans la mesure où elle bouscule en permanence les certitudes et oblige à une remise en question incessante. La déstabilisation que provoque ce paradoxe permet d'avancer comme l'enfant, un pied devant l'autre, lentement, inexorablement.

 

D'après le travail de C.H et J.C.G.



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Tag(s) : #Franc-Maçonnerie- et -symbolisme

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