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L'Epopée de
Gilgamesh
, vieille de trois mille ans avant Jésus-Christ, est le plus ancien texte littéraire écrit par l'homme connu à ce jour. C'est un récit légendaire de l'ancienne Mésopotamie (Irak moderne). Faisant partie des oeuvres littéraires les plus anciennes de l'humanité, la première version complète connue a été rédigée en akkadien dans la Babylonie du XVIIIe siècle av. J.-C. ou XVIIe siècle av. J.-C. Écrite en caractères cunéiformes, sur des tablettes d'argile (retrouvées dans les ruines de la ville de NINIVE en 1870), elle s'inspire de plusieurs récits, en particulier sumériens, composés, probablement, vers la fin du IIIe millénaire.  Elle a pour origine des récits mythiques ayant pour personnage principal le roi Gilgamesh, cinquième roi (peut-être légendaire) de la première dynastie du royaume d'Uruk (Ourouk)

 



Extraits de l'épopée de Gilgamesh

Texte établi d'après les fragments sumériens, babyloniens, assyriens et hittites
 

Prologue

Celui qui a tout vu
celui qui a vu les confins du pays
le sage, l'omniscient
qui a connu toutes choses
celui qui a connu les secrets
et dévoilé ce qui était caché
nous a transmis un savoir
d'avant le déluge.

Il a fait un long chemin.
De retour, fatigué mais serein,
il grava sur la pierre
le récit de son voyage.

La rencontre avec la courtisane

" La courtisane enlève ses vêtements
dévoile ses seins, dévoile sa nudité
et Enkidou se réjouit des charmes de son corps.
Elle ne se dérobe pas, elle provoque en lui le désir.
Elle enlève ses vêtements
et lui Enkidou tombe sur elle.
Elle apprend à cet homme sauvage et innocent
ce que la femme enseigne.
Il la possède et s'attache à elle.
Six jours et sept nuits Enkidou sans cesse
possède la courtisane.
Lorqu'il est rassasié de ses charmes
il lève son regard vers ses compagnons
mais en le voyant les gazelles se détournent de lui
et les bêtes sauvages le fuient.
Enkidou est sans force,
ses genoux le trahissent
lorqu'il veut suivre sa harde.
Affaibli, il ne peut plus courir comme autrefois
mais son coeur et son esprit sont épanouis.

L'amitié entre Gilgamesh et Enkidou après l'affrontement

Gilgamesh ouvre la bouche
et dit à Enkidou:

" Seul on ne peut pas vaincre
mais deux ensemble le peuvent
l'amitié multiplie les forces,
une corde triple ne peut être coupée
et deux jeunes lions sont plus forts que leur père. "


L'amitié entre Gilgamesh et Enkidou après l'affrontement


" Gilgamesh
pourquoi cette douleur dans ton coeur
toi qui porte en toi la chair des dieux ?
La mort est cruelle et sans merci.
Qui de nous bâtit des maisons indestructibles ?
Qui de nous scelle des contrats éternels ?
Les frères héritent, partagent.
Quel héritage est perpétuel ?
La haine, même la haine
existera-t-elle dans le pays pour toujours ?
Est-ce que le fleuve monte
et amène la crue pour toujours ?
La libellule à peine sortie à la lumière
entrevoit le soleil et atteint son terme.
Depuis les temps les plus anciens
hélas ! Rien ne dure
le dormeur et le mort se ressemblent
les deux n'ont-ils pas l'aspect de la mort ?
Qui, la mort venue, peut distinguer entre le serf et le maître ?
..."

L'histoire du déluge

« Un jour, les grands dieux ont décidé
de faire le déluge...
 
Homme de Shourouppak, fils d'Oubar-Toutou
démolis ta maison et construis pour toi un bateau
abandonne tes biens et tes richesses
demande la vie sauve
rejette tes possessions et préserve ta vie
charge dans le bateau
la substance de tout ce qui vit.
...
 

Lorsque arriva le septième jour
je lâchai une colombe,
la colombe prit son vol
n'ayant pas trouvé où se poser
elle revint.

Je lâchai l'hirondelle
l'hirondelle prit son vol
n'ayant pas trouvé où se poser
elle revint.
Puis je lâchai un corbeau

le corbeau prit son vol
lorsqu'il vit les eaux se retirer
ayant trouvé de la nourriture
il se pose et ne revint plus.

Alors je lâchai
tout ce que le bateau contenait
aux quatre vents.

 

La plante qui est au fond des eaux

 

La plante qui est au fond des eaux

[Outa-Napishtim à Gilgamesh : ]
« Il existe une plante comme l'épine
elle pousse au fond des eaux
son épine te piquera les mains
comme fait la rose
si tes mains arrachent cette plante
tu trouveras la vie éternelle. "

Lorsque Gilgamesh entend ces paroles
il ouvre le conduit
qui rejoint les eaux profondes
il attache de lourdes pierres à ses pieds
et descend au fond des eaux
où il voit la plante.
Il prend la plante qui lui pique les mains
il délie les lourdes pierres de ses pieds
il sort du fond de la mer
sur le rivage.
Gilgamesh dit à Our-Shanabi le batelier:
" Our-Shanabi
cette plante est une plante merveilleuse
l'homme avec elle peut retrouver
la force et la vie
je vais l'emporter avec moi
à Ourouk aux remparts.
Je la partagerai avec les gens
leur en ferai manger
son nom sera: " le vieillard retrouvant sa jeunesse "
Moi-même j'en mangerai à la fin de mes jours
pour que ma jeunesse me revienne "
 

Le serpent dérobe la plante

Gilgamesh voit un puits d'eau fraîche
il descend pour se baigner
un serpent sent l'odeur de la plante
il se glisse, dérobe la plante
et à l'instant perd sa vieille peau.
Gilgamesh s'assoit et pleure...
 

Source du texte : Mythes fondateurs

 

Je suis fasciné et ému par ce texte si ancien qui contient tant de notions familières : le déluge - l'amitié - l'amour - la jeunesse éternelle - le désir d'aventure, etc ... comme si le temps n'avait pas de prise sur l'humaine nature ... J'ai découvert l'épopée de Gilgamesh par le biais du roman d'un de mes auteurs de prédilection : Robert Silverberg (écrivain de SF américain né en 1935), Gilgamesh roi d'Ourouk que l'on peut trouver ICI

Ci-dessous une vidéo consacrée à la présentation de cette épopée !



                                                         Frise du palais de NINIVE

 

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Voir aussi le billet : "Les mythes"

Tag(s) : #Esotérisme - Traditions - religions

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