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Sur ce blog où l'on parle souvent de "l'autre", "d'autrui", comme reflet/miroir/révélateur de notre propre personne ... je m'interroge ce matin sur la notion d'altruisme ... Il faut se méfier des mots en "isme" mais ne pas les oublier pour autant car leur fonction "englobante" est très pratique et très usitée dans la vie de tous les jours, même si ces termes sont parfois dangereusement ambigus...
L'occasion d'étoffer la catégorie : DEFINITIONS présente ici mais un peu oubliée depuis quelques temps ...
 


ALTRUISME



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Synonymes :
abnégation, amour, bienveillance, bonté, charité, 
désintéressement, générosité, humanité, philanthropie. 

 

 

  L'altruisme est une attitude positive et active envers autrui, faite de bienveillance, de disponibilité et de générosité. C'est aussi une disposition morale qui consiste à se préoccuper des autres et à vouloir leur bien, en consentant pour cela à sacrifier ses intérêts personnels. Cette notion à pour contraire l'égoïsme qui consiste à ne se préoccuper que de soi-même.
  On entend souvent contester l'existence et même la possibilité de l'altruisme. On affirme que l'homme, dominé par l'amour propre, est irrémédiablement égoïste, en évoquant le fait que les actes de profond dévouement se font toujours par intérêt.
  Un fait l'ambiguïté du terme "intérêt" prête ici à confusion. L'intérêt d'une personne pour ses semblables ou pour ses proches, celui d'un homme de savoir pour la discipline qu'il pratique, celui du soldat allant au secours d'un camarade blessé, ne sont pas de même nature que l'intérêt de l'homme dit "intéressé", c'est-à-dire qui ne pense qu'à son argent ou à ses satisfactions personnelles. L'altruisme et l'égoïsme ne sont pas des notions psychologiques mais des catégories morales. Toute action humaine, même celle qui se fait par devoir, répond à des sentiments et à l'intérêt qu'elle présente pour celui qui l'accomplit. Vouloir qu'il en soi autrement est un non-sens psychologique
  En revanche, la morale établit une hiérarchie des valeurs, entre les conduites et les intérêts qui les motivent. Même si c'est parce que la vue de la détresse d'autrui lui est insupportable que le déporté partage son maigre colis avec ses compagnons, et qu'il trouve là son intérêt, l'étique reconnaît qu'une telle conduite est moralement supérieure à celle qui consisterait à se goinfrer seul dans son coin. Être altruiste, ce n'est donc pas agir sans intérêt, c'est trouver son intérêt dans le bien fait à autrui.
  Reste cependant que l'altruisme n'est pas toujours facile à reconnaître. Les largesses d'un amant pour sa maîtresse peuvent difficilement passer pour une manifestation d'altruisme, et peut-être même les dévouements instinctifs d'une mère pour ses enfants. L'altruisme n'est pas exactement la même chose que l'amour. Il comporte un élément rationnel, comme aussi un élément de discernement. En fait l'altruisme est difficilement séparable de la vertu de justice : se préoccuper des autres, les reconnaître comme des égaux, leur reconnaître selon certains critères, le droit aux mêmes biens dont nous pouvons jouir nous-mêmes, et agir en conséquence.■


(D'après Bernard Caussin et Claude Salicéti : "Les mots justes" paru aux éditions Véga) 
 

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