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  Il est quelques grands concepts que l'on pense d'emblée ne pas pouvoir aborder ... la Kabbale est de ceux là. Lorsque l'on voit un escalier qui s'enfonce dans les profondeurs, ou se dresse vers le ciel, et qu'il nous parait interminable (comme celui de la Bibliothèque de Babel de J.L.Borgès), on a malgré tout confiance et l'on s'engage sur la première marche puis, prenant conscience du changement de point de vue que cette première étape nous propose, on s'engage alors , sans hésiter, sur la deuxième marche et ainsi de suite ... C'est comme cela qu'il faut envisager de "commencer" à comprendre le monde immense de la Kabbale : Première marche ...   
 

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La Bible hébraïque


LA KABBALE

 
  Alors que le mot cabale en est venu, par dénigrement dans le langage courant, à désigner une entente secrète entre gens animés d'intentions hostiles ou inavouables, avec un K et deux B, comme le mot hébreu Kabbala, il désigne un important courant ésotérique, théosophique et mystique du judaïsme ainsi que les pratiques magiques et occultes qu'il a également suscitées. Influencée par le néo platonisme et le néopythagorisme, la Kabbale est d'abord une tentative d'interprétation et d'approfondissement de la TORAH (Le Pentateuque) considérée comme inspirée et dictée par Dieu et porteuse, par delà son sens littéral, d'un sens profond caché et codé à l'aide des 22 lettres de l'alphabet hébraïque, et qui peut être déchiffré par la triple méthodes des équivalences numériques (Guematria), des interpositions (Notarikon) et des permutations de lettres (Thémoura). C'est ainsi que va se constituer progressivement à travers deux livre principaux : le Sefer-Yetsirah (le livre de la création) rédigé à partir du troisième siècle et le Sefer-Aha-Zohar (ou ZOHAR : le livre de la splendeur) rédigé au treizième siècle en Espagne par Moïse de Léon et complété au seizième siècle par le Kabbaliste de l'école de Safed, Cordevo et Luria, une vaste doctrine aux aspects multiples et parfois contradictoires, hésitant entre théïsme et panthéïsme, transcendance et immanence de Dieu, dont les concepts principaux sont :

  • l'Ein sof (insondabilité de Dieu)
  • le Tsimtsoum (le retrait de Dieu en lui-même, instaurant ainsi le vide pour que se déploie la Création).
  • L'Arbre des dix Séphiroth (La pensée le langage de Dieu)
  • La Shekina (la présence de Dieu dans le monde)
  • L'Adam-Kadmon (l'âme commune de l'humanité dont chaque humain est une parcelle)
     

  Arbre des séphirot 3
Les multiples chemins d'évolution de l'Arbre des Séphiroth

  La Kabbale tente ainsi de comprendre la création, l'origine du mal et le rôle de l'homme dans l'achèvement de cette création imparfaite, faussée, dès son origine, par une chute, une rupture, un drame métaphysique.

  Ces Spéculations, qui restent au cœur de la religion et de la pensée juive, ont ainsi généré à la Renaissance avec, entre-autres, Pic de la Mirandole et Reuchlin, une Kabbale chrétienne dont le but semble avoir été surtout de trouver dans les textes de l'Ancien Testament une preuve certaine de la continuité entre le judaïsme et le christianisme.
  Les alchimistes l'utilisent et l'enrichissent à leur tour et l'on cherche encore de nos jours, des sens supplémentaires à ses Arcanes arachnéens dans les oeuvres de Dante, de Raymond Lulle, de Pic de la Mirandole, d'Aggripa de Nettesheim, de Paracelse et de tous ceux qui s'expriment sans clarté.

On peut lire avec profit le très accessible ouvrage de
Marc-Alain Ouaknin : "Les Mystères de la Kabbale"


Pour aller plus loin sur ce blog voir la catégorie "Alphabet et lettres hébraïques"

 

Tag(s) : #Esotérisme - Traditions - religions

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