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  Au Commencement était la peur et le désir ... ensuite la vie de chacun (e) s'articule entre cette peur primordiale et ce désir pur (désir de vie) ... Chacun (e) sait ici combien j'aime les mots, le mot "peur" ne fait pas exception malgré une connotation habituellement négative ... Ce vocable a beaucoup de synonymes (officiellement, 44 ... mais il en est certains peu usités) ... en voici quelques uns classés en fonction des trois visages de la peur :

Peur :    crainte, appréhension, effroi, frayeur, épouvante, saisissement, trouille (souvent bleue), terreur (parfois sacrée), horreur (rarement absolue) …
Angoisse : Affres, affolement, panique, répulsion, trac, aversion …
Anxiété : inquiétude, hantise, crainte sourde, phobie, pusillanimité

Peut-être avez-vous d'autres synonymes à proposer ? 


Photo tirée du film de Mario Bava (1963) : "Les trois visages de la peur" Peur.jpg


Peur, angoisse ou anxiété ?

  La peur est une émotion normale de l’organisme au même titre que peuvent l’être la joie ou la tristesse. Son rôle est de nous protéger plaçant notre corps en alerte lors de la réception d’un stimulus extérieur tel qu’un bruit ou une image ...
  Plus ou moins paralysante, la peur est une émotion précieuse car elle déclenche des mécanismes de défense face au danger. Elle est donc indispensable à notre survie. La peur s’accompagne de réactions physiques, comme la production soudaine et abondante d’adrénaline, qui permet de fuir ou de se défendre efficacement. Dans certaines situations, au contraire, la réponse se traduira par une paralysie totale, empêchant toute action susceptible d’aggraver la situation. Mais c’est souvent une fois le danger disparu que l’on prend réellement conscience du sentiment de peur qui nous a envahis : la tension se relâche, on se met parfois à trembler, on est pris de sueurs froides et/ou d’un léger étourdissement.  

Renforcer l’attention et la concentration

  Lorsque notre organisme reçoit un stimulus extérieur il entre dans ce qu’il est convenu d’appeler une phase de choc. Cette situation va provoquer la stimulation d’une zone située à la base du cerveau, qui va secréter de l’adrénaline et d’autres neurotransmetteurs. Ces substances  agissent sur le cœur, les vaisseaux et les muscles pour déclencher une mise en action de notre corps. Notre réponse va être plus ou moins intense et fréquente selon notre capacité de réaction à ces substances. Dans le meilleur des cas, elle nous met sous une tension positive c’est-à-dire stimulante qui va renforcer notre attention et notre concentration. A l’inverse, certaines personnes développent des symptômes qui peuvent être gênants : douleurs abdominales, bouffées de chaleur, réactions épidermiques...

Chaque individu réagit différemment

  C’est principalement l’intensité des sécrétions qui va déterminer les conséquences pour l’organisme. D’autres facteurs entrent en ligne de compte : il y a probablement une composante génétique qui conduit à développer des réactions plus ou moins fortes. Cela se remarque, chez l’enfant, dès le plus jeune âge. Certains enfants sont plus anxieux que d’autres et réagissent de façon disproportionnée à des situations inoffensives. Les facteurs héréditaires correspondraient à environ la moitié des facteurs qui aggravent les symptômes de la peur. L’environnement social a également toute son importance (parents anxieux, sur-protection de l’enfant…). D’autres facteurs, tels les hormones entrent en ligne de compte. Ainsi, la puberté, la maternité et la ménopause provoquent des bouleversements hormonaux chez la femme qui vont renforcer l’anxiété et donc la capacité à développer des sentiments de peur.

Source : Ayla Seugon


Angoisse ou anxiété ?
 

“Je suis angoissé”, “Il a l’air anxieux” : dans le langage courant, on emploie indifféremment le premier terme ou le second. Or, ils recouvrent des réalités très différentes. Problème ponctuel mais très intense d’un côté, plus diffus mais constant de l’autre, la souffrance n’est pas la même.
Définitions et éclaircissements avec Christophe André, psychiatre.

Les deux phénomènes ont des points communs.

  Tout d’abord, une même racine étymologique, le mot latin angere, qui signifie serrer et qui renvoie aux conséquences physiques de ces états mentaux. L’appartenance à une même famille émotionnelle ensuite, celle de la peur : angoisse et anxiété en sont l’anticipation (on redoute un danger avant qu’il ne survienne) ou peuvent en être la conséquence (comme séquelles d’un choc psychologique par exemple). Mais un certain nombre de différences les séparent également.

  En général, on parle d’angoisse pour renvoyer à une expérience psychologique ponctuelle, déstabilisante et intense, faite d’un sentiment de perte de contrôle et d’imminence d’un danger grave. L’angoisse s’accompagne le plus souvent de signes physiques pénibles : oppression thoracique et gêne respiratoire, accélération cardiaque, sensations de boule dans la gorge et l’estomac… Au plus fort d’une crise d’angoisse, il n’est pas rare que l’on puisse éprouver un sentiment de "déréalisation", une impression de sortir de soi-même, de n’être plus tout à fait dans la réalité. En psychiatrie, les attaques de panique, ressenties notamment par les personnes agoraphobes, en représentent un exemple assez pur : tout à coup, la personne se sent envahie par un malaise physique incontrôlable, et a le sentiment qu’elle va mourir sur le champ ou devenir folle.
 

    "Le cri" Edvars Munch
Le cri MunchOn utilise plus volontiers le terme d’anxiété pour désigner un état moins déstabilisant mais plus chronique, consistant en un souci difficile à contrôler. Les aspects psychologiques (inquiétude, pessimisme) sont au premier plan, même si les conséquences physiques de l’anxiété sont bien connues (tensions et douleurs musculaires, tendance à hyperventiler, c’est-à-dire à adopter une respiration haute, rapide et superficielle). Alors que l’angoisse rend en général impossible la continuation de ses activités, l’anxiété reste compatible avec la vie quotidienne. Il est même fréquent que la personne anxieuse ne soit pas clairement consciente de sa propre anxiété, qui peut ne se manifester que de manière indirecte : irritabilité, fatigue, tensions musculaires, réactions de sursaut… En psychiatrie, le trouble anxieux généralisé (TAG) illustre bien ce qu’est l’anxiété poussée à son comble : des soucis constants et incontrôlables à propos de tous les détails de la vie quotidienne (famille, travail, santé, argent…).

  Angoisse et anxiété peuvent donc être différenciées, mais peuvent aussi être associées : des crises d’angoisse peuvent survenir sur un fond d’anxiété (ce que Freud nommait la "névrose d’angoisse"), on peut ressentir l’anxiété d’avoir de nouvelles crises d’angoisse (c’est la "peur d’avoir peur"), etc. Enfin, et contrairement à ce que l’on a pu dire, ni l’angoisse ni l’anxiété ne sont une "peur sans objet" : on peut ressentir de l’angoisse en pensant à sa mort ou à celle des gens que l’on aime, on peut être anxieux et préoccupé à propos de difficultés bien réelles comme la maladie ou des problèmes financiers. Elles sont simplement une préoccupation inquiète de l’avenir, aiguë (l’angoisse) ou chronique (l’anxiété), et témoignent toujours du sentiment, plus ou moins conscient et justifié, de sa propre fragilité.
 

Christophe-Andre.jpg
Christophe andré : Psychiatre

   

Tag(s) : #Psychologie

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